Il faut redéfinir la violence
10 07 2008Suite à la réduction de la peine d’emprisonnement de Vincent Lacroix j’ai été étonné d’apprendre que selon toute probabilité il sera libéré au sixième de sa peine dans 17 mois, parce que c’est sa première condamnation et qu’il s’agit d’un crime non violent. Je pense qu’au contraire, son crime est extrêmement violent. C’est pourquoi je crois qu’il est temps de redéfinir la violence dans nos codes juridiques.
Actuellement la violence est surtout définie comme une atteinte à l’intégrité physique d’une personne. On ne considère pas que la violence morale et psychologique ait une valeur équivalente. Cette définition étroite date de l’époque où les troubles psychologiques n’étaient pas reconnus à leur juste valeur. Aujourd’hui nous considérons que les conséquences psychologiques d’un événement sont aussi destructrices que les conséquences physiques. Une victime, un accidenté ou un soldat qui souffre de choc post-traumatique est aussi malade qu’une personne qui a été gravement blessée. Nous acceptons qu’un travailleur qui souffre de burn-out ait droit aux mêmes congés de maladie qu’un autre qui a fait un infarctus. Il est temps que le système juridique reconnaisse cette évolution sociale.
Les crimes de Vincent Lacroix sont violents parce que les conséquences de ses fraudes ont été dévastatrices pour certains investisseurs. Plusieurs ont perdus les épargnes d’une vie et leur fond de pension. Les conséquences morales et psychologiques sont indéniables. Certains doivent souffrir d’angoisse et de dépression. Je suis sûr qu’il y en a parmi eux qui ont pensé au suicide et ça c’est très violent. Quand on compare ce que risque Lacroix dans son procès criminel avec les peines qui ont été imposées aux dirigeants d’Enron, on se dit qu’au Canada nous n’avons pas la même définition de la violence qu’aux États-Unis. Cela est aussi frappant dans les crimes reliés au commerce de la drogue. Les importateurs de drogue dure s’en tirent généralement avec des peines raisonnables et sont libérés sous caution parce que leur crime n’est pas considéré comme violent. Ça n’a pas de sens, parce que quelqu’un qui importe des tonnes d’héroïne et de cocaïne qui vont causer la déchéance physique et psychologiques de milliers d’individus et qui est susceptible de les tuer commet un crime hyper violent.
La violence devrait être définie comme une atteinte à l’intégrité physique et psychologique de la personne sans qu’un de deux aspects soit plus important que l’autre. Il me semble que cela reflète mieux les valeurs de notre société.
Publié par : jacqueso à 13:57:13Permalien
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